Dégâts collatéraux du projet tram-train à la Grande Chaloupe. Les habitants réagissent
vendredi 30 mai 2008
Une fois de plus un grand projet d'équipement provoque des dégâts collatéraux mais apparemment cette fois-ci l'os est plus dur à avaler et les "indigènes" se rebiffent ! On ne peut que les en féliciter, même si on soutient à fond le projet tram-train ! Voilà ce qui arrive quand on choisit la solution de facilité.... notamment pour rendre la mariée plus belle pour les privés que l'on veut voir investir dans le projet. Cette vision à courte vue, quand il est question d'infrastructures (tunnels) dont la durée de vie se comptera probablement en siècles étonne de la part de responsables politiques qui ne se privent pas par ailleurs de pourrir leurs prédécesseurs d'avoir fait la même "erreur" au sujet de la route du Littoral il y a 40 ans.. ....la paille et la poutre !
Résister se conjugue toujours et partout comme nous l'a rappelé inlassablement Lucie Aubrac pendant plus de 60ans.
Même dans le cadre d'un projet indispensable, il y a parfois des ratés. Il semble que la Région Réunion se fasse une spécialité de déraper : nous avions l'exemple de la géothermie et de la Plaine des Sables où la transparence totale sur les véritables raisons d'une décision assez incompréhensible permettrait de débloquer une situation qui vire au ridicule. (Voir à ce sujet en fin l'article du 1/6/2008 du Quotidien où les Verts-Réunion demandent le classement intégral de la Plaine des Sables et l'article du 2/6 du JIR où la Région défend son projet sans répondre sur le fond aux questions posées)
Il en est apparemment de même à la Grande Chaloupe où l'on sent bien que les arguments "officiels" prétendûment "incontournables" ne sont encore que des paravents et que l'on s'apprête à faire des choses finalement désagréables tout en prétendant que les "précautions" et les "mesures compensatoires" vont en limiter l'incidence. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient....
Car après s'être fait heureusement retoquer ses viaducs insensés, futurs gouffres budgétaires et entraves manifestes à une exploitation par mauvais temps, pourrait-on nous expliquer la nécessité de faire émerger les tunnels exactement à CET endroit, quand on voit le tracé somme toute torturé de la voie entre Saint Denis et la Possession (syndrome du tortillard auquel certains voudraient réduire ce pauvre Tram-train ?).
Il serait bon de s'inspirer de ce qui a été fait ailleurs et de ne pas vouloir remplacer la goyave de France par l'edelweiss de la Réunion 
Par exemple, la Principauté de Monaco a enterré totalement la double voie ferrée qui la traversait sur toute sa longueur et en a profité pour créer de toutes pièces sa nouvelle gare centrale (avec trois voies, le trafic lourd Marseille- Gênes y passant !), totalement souterraine, mais avec une façade vitrée au fond du vallon de Sainte Devote, une sorte ravine urbaine très pentue, totalement enserrée dans des constructions auxquelles il n'était pas question de toucher, le vallon servant d'exutoire aux eaux pluviales avec des crues subites. Bref, nécessité faisant loi, le tunnel et la gare ont été creusés par les extrémités, les déblais évacués par train et on n'a pas dévasté le centre historique de la principauté où cette infrastructure qui gère des milliers de voyageurs quotidiens s'est faite discrète.
Le tram train est fait pour transporter confortablement et rapidement voyageurs et marchandises, pas pour s'exhiber !
Si l'on tient absolument à ce que le tunnel du tram train ait une "fenêtre" à la Grande Chaloupe et il faudrait en démontrer l'utilité ?) , à défaut d'une gare, elle peut être temporaire, placée ailleurs qu'au village créole (sous le terrain de tir militaire par exemple, puisque le président a décrété que l'armée devait fermer au moins la moitié de ses installations) et le chantier organisé avec des restrictions draconiennes(notamment camions interdits, seule manière de faire en sorte que l'on ne détruise pas des hectares pour les faire circuler).
Par ailleurs où que l'on intervienne, il semble nécessaire de faire AU PREALABLE des fouilles archéologiques, même si cela diffère le creusement du tunnel. |
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