 Un lieu de mémoire réunionnais: la Grande-Chaloupe | En quittant la route du Littoral, le calme et la sérénité de la vallée de la Grande-Chaloupe frappent le visiteur, le transportant loin de l'agitation des voies rapides. Deux pans de montagnes vertigineux, couverts des dernières forêt sèches intactes de basse altitude, attestent la biodiversité du patrimoine naturel de La Réunion.
La Grande-Chaloupe, c'est aussi un village et d'anciennes constructions publiques qui aujourd'hui ont le statut de monuments historiques. Une gare au mur rouge sombre rappelle l'expérience du chemin de fer de La Réunion, en activité des années 1880 aux années 1950. Plus loin, le "Chemin des Anglais", tracé au XVIIIe siècle, rappelle l'importance de La Grande-Chaloupe dans ce pénible cheminement entre le nord et l'ouest de l'île.
Non loin d'un chemin de terre, à flanc de falaise, des pans de mur patinés et rongés par le temps intriguent. ce sont les Lazarets de La Grande Chaloupe, site lié à l'engagisme et par conséquent à l'histoire du peuplement de l'île des années 1890 aux années 1930. |
|  Qu'est- ce que l'engagisme ? | L'économie de la plantation, fondée sur l'exportation de cultures coloniales, café, épices, sucre, nécessite le recours à la main-d'oeuvre abondante et peu onéreuse. Ce choix économique et historique imposé à La Réunion est à l'origine de l'esclavage et de l'engagisme. L'engagé, à la différence de l'esclave, signe un contrat de travail, perçoit un salaire et garde sa liberté de culte. Après des essais au cours de la première moitié du XIXe siècle, l'engagisme s'impose après l'abolition de l'esclavage en 1848.
Au début des années 1850, durant l'apogée de l'économie sucrière, la question de la main- d'oeuvre devient cruciale. Les colons veulent une main d'oeuvre docile et bon marché. Des recrutements débutent en Inde, en Afrique, en Chine, à Madagascar, aux Comores ou en Australie. Un flux migratoire important se met en place en direction de l'île.
Bien souvent, les recruteurs travaillent pour les planteurs réunionnais rachètent sur les marchés d'esclaves africains ou malgaches des centaines d'individus à qui ils octroient la liberté. Mais celle-ci a un prix: l'obligation de signer un contrat d'engagement d'une durée de cinq ans à La Réunion.
En 1859, des voix s'élèvent en Angleterre contre ces recrutements, proches de la traite, et des conditions de travail des engagés dans les plantations, peu différentes de celles des anciens esclaves. Sous la pression des Anglais, au mois de mars 1859, l'empereur Napoléon III interdit l'introduction d'engagés en provenance d'Afrique, du Mozambique, de Madagascar ou des Comores. |
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|  Portraits d'immigrants au début du XXe siècle. | | |
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 | | Photos des rénovations des Lazarets de La Grande-Chaloupe, avec L'association CHAM et la Région ont pu mettre en place des emplois CES. |
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