 Photo par satellite |  |
| Coordonnées |
sexagésimales |
décimales |
| Latitude: |
21° 14' 33" S |
-21.2425° |
| Longitude: |
55° 42' 32" E |
55.708889° |
Coordonnées géographiques |
|  Une mer de feu sur le le Piton de La Fournaise | 15/10/2007
Le piton de la Fournaise se calme doucement. L'activité du volcan de la Réunion a diminué d'intensité. Pour autant l'éruption se poursuit avec des geysers qui demeurent importants même s'ils ne montent plus à deux cents mètres comme aux premiers jours. Quelques habitants du petit village du Tremblet qui se trouvent au plus près du cratère n'avaient toujours pas pu regagner leur domicile hier. DE MÉMOIRE de Réunionnais, on n'avait jamais vu ça. « Une petite coulée c'est pardonnable, mais ça ! » s'exclame Rose-May Rosely qui tient la seule épicerie du village du Tremblet, la bourgade la plus exposée à la rage du volcan. « C'est une vision d'apocalypse. Un autre monde. » Une mer de feu, dévalant les pentes par trois bras sur une largeur d'un kilomètre sept cents. Au plus fort de l'éruption, la coulée principale avait une épaisseur de huit mètres. « Imaginez un torrent d'un rouge brûlant passant à soixante kilomètres à l'heure emportant tout sur son passage, des roches et des troncs d'arbres calcinés dressés comme des mâts de bateaux, raconte Pierre-Henry Maccioni, préfet de l'île, et des geysers montant jusqu'à 220 mètres. Un feu d'artifice gigantesque et permanent. » C'est également un bruit énorme, « un camion qui déverserait sans jamais s'arrêter des tonnes de gravier à quelques mètres de vous », tente d'illustrer Rose-May Rosely. Et puis il y a l'odeur, celle bien caractéristique du soufre à laquelle tout habitant d'une île volcanique ne prête plus vraiment attention. Un de ces phénomènes naturels où fascination et terreur prennent tour à tour le dessus. « Une partie de votre cerveau vous dit que c'est magnifique pendant que l'autre vous enjoint de déguerpir. Et finalement, vous en restez figé », raconte Yves Picard, le gérant du gîte au point de vue imprenable sur le cratère, à 2 200 mètres d'altitude. C'est lundi dernier que tout a commencé. Rien encore qui laissait supposer un tel déchaînement. Mais gendarmes, autorités locales et scientifiques sont sur leur garde. Ils savent que le danger peut arriver très vite. Au vu des premiers signes, c'est le Tremblet sur la commune de Saint-Philippe qu'il faut surveiller en priorité. Et plus exactement, la pointe du Tremblet. Cette quinzaine de maisons qui se trouvent au plus près du cratère. « Quelqu'un m'a appelée pour me dire que le volcan allait»passer* », raconte joliment Marie-Jeanne Bertile, qui habite l'îlot avec son mari et ses deux enfants. « J'ai eu peur. On voyait alors cinq petits cratères qui crachaient. J'ai commencé à ranger quelques papiers mais, les premiers jours, les gendarmes m'ont calmée. » En milieu de semaine, la situation prend une autre allure : « Il pleuvait, mais ce n'était pas la pluie qui tombait. On aurait dit de l'acide. Sur les vêtements, cela faisait comme des tâches de Javel. Ça brûlait la peau », poursuit la jeune femme dans un français agrémenté de créole. Tout s'accélère vendredi : dans son gîte, Yves Picard fait partir tout le monde. Il reste seul avec sa femme. Le volcan, il le connaît bien. Il est né là et parcourt ses flancs depuis son enfance. « Mais pour la première fois, j'ai vraiment eu peur. Les secousses étaient telles que j'ai cru dormir sur un bateau. Toute la nuit, notre lit a bougé, l'armoire tapait contre la cloison. » À la pointe du Tremblet, la sécurité exige l'évacuation des quelques habitants qui n'ont pas pris les devants. « Les gendarmes nous ont laissé cinq minutes pour prendre nos affaires et dégager. On a été pris de court. C'était un peu brutal », explique Maryvon Rivière, un autre habitant de la bourgade. Plus prévoyante, Marie-Jeanne a préparé des balluchons de vêtements dont certains sont déjà à l'abri chez ses parents, « mais je n'ai pas eu le temps de déménager les meubles », dit-elle à regret. Direction Saint-Philippe dans une grande salle de réception où des lits pliants ont été installés. La commune assure les repas. « Le premier soir, nous étions une cinquantaine, assure Marie-Jeanne, c'était un peu la désolation. Il y avait des bébés. » Hier soir, à défaut de pouvoir regagner sa maison, elle espérait se faire héberger par ses parents. D'ailleurs, est-elle si pressée de rentrer chez elle ? Pour une partie des Réunionnais, le piton de la Fournaise offre depuis quelques jours un spectacle incomparable. Un son et lumière venu des entrailles de la terre que l'on vient admirer des kilomètres à la ronde. Malgré une pluie torrentielle et salvatrice, car elle colle les poussières au sol, ils sont plusieurs centaines chaque jour à se déplacer. Et la préfecture le confirme : tout est fait pour concilier sécurité et « permettre aux visiteurs une bonne visibilité sur le phénomène ».
Pour d'autres toutefois, il annonce des jours difficiles. « J'ai une cour de 8 000 mètres carrés, dans laquelle je fais pousser des palmistes (palmier local dont on mange les bourgeons, NDLR) et de la vanille que je vends aux touristes. Il n'y a plus rien. Tout est brûlé », s'affole Marie-Jeanne dont la maison a subi de gros dégâts : « quand la lave se déverse dans la mer, cela fait des éclaboussures d'eau et de sable qui retombent sur les maisons. Il y a du sable jusque dans les marmites ». À certains endroits, « on a l'impression que l'on a aspergé les terres de désherbant. L'herbe, les feuilles des arbres sont tout jaunes », renchérit Rose-May Rosely. Une inquiétude qui malgré tout ne les fera pas renoncer à leurs terres. Du côté de la préfecture, on met également en garde contre les « cheveux de Pelée ». Des filaments de lave très fins qui, emportés par les vents, peuvent se déposer dans les champs ou sur les cultures. Une véritable laine de roche extrêmement dangereuse si elle est ingérée. « Il faut toujours bien veiller à nettoyer les fruits et légumes avant de les consommer », précisent les pouvoirs publics, mais le risque est aussi pour les troupeaux dans les prés. Depuis une semaine, quatre-vingts personnes sont mobilisées en permanence : soixante gendarmes, des pompiers, des agents de l'ONF (Office national des forêts) ainsi que trois postes médicaux avancés. Un nouvel avatar pour ce département français qui a déjà eu son lot de catastrophes ces dernières années. Après les ravages du chikungunya et un cyclone dévastateur, le réveil du piton de la Fournaise risque une nouvelle fois de détourner les touristes. À moins qu'ils ne soient fascinés par ce phénomène qu'un habitant de l'île qualifie de « grandiose, beau et diabolique à la fois ». |
|  Piton de la Fournaise : effondrement du Dolomieu | 11 Avril 2007
L'effondrement du Dolomieu, un des deux sommets du volcan du Piton de la Fournaise en éruption à La Réunion, a laissé la place à un paysage d'"apocalypse", a décrit lundi 9 avril le cinéaste Alain Mussard, membre de la première expédition ayant pu se rendre sur le site.
"C'est véritablement l'apocalypse", a commenté Alain Mussard, auteur de plusieurs films sur le volcan , au retour de l'expédition conduite par les membres de Centre de documentation et de diffusion sur le volcanisme dimanche. Le plateau du cratère Dolomieu s'est affaissé de 300 mètres "La première sensation sur place, c'est la peur", a-t-il raconté. "Devant ce gouffre de 300 mètres de profondeur on a un réflexe de recul, mais on finit par s'y habituer. En même temps, on se dit heureusement qu'on n'était pas là", a raconté le cinéaste. Le plateau à l'intérieur du cratère Dolomieu s'est affaissé de 300 mètres sur une largeur de 800 mètres au cours de l'éruption, soit un volume d'environ 50 millions de mètres cubes de roches, selon les premières estimations.
Avant ce bouleversement, le Dolomieu était un des lieux privilégiés de randonnée pour les touristes et les Réunionnais amateurs de volcan. Dès le début de l'éruption il y a onze jours, ce site a été interdit au public.
"A 30-40 mètres du cratère, des effondrements continuaient à se produire dimanche dans le sous-sol. Il fallait vraiment faire très attention", selon Alain Mussard. Les flancs du volcan étaient "recouverts d'un tapis de cendres de 5 à 7 cm d'épaisseur" qui s'est transformé en boue argileuse sous l'effet de la pluie, a-t-il expliqué.
Le Dolomieu domine l'Enclos, une vaste cuvette en forme de fer à cheval dont les rebords se prolongent jusqu'à la mer. C'est à l'intérieur de cet espace que se produisent la plupart des éruptions et où s'écoule la lave. |
|  Piton de la Fournaise : volcan vu de l'espace et phénomènes inhabituels | 5 avril 2007 L'éruption du Piton de la Fournaise qui a débuté fin mars se poursuit par "bouffées", des projections de lave étant toujours observées mais à intervalles espacés. Vu du ciel, le spectacle est aussi impressionnant que depuis le sol, et l'instrument MODIS du satellite Aqua de la NASA a réalisé cette image du volcan le 5 avril dernier.
Alexandre Nercessian, sismologue à l'Institut de physique du globe, estime que la situation ne devrait pas évoluer spectaculairement dans les jours à venir. Mais il faut rester vigilant, prévient-il, car des séismes sont toujours enregistrés sous le Dolomieu, cône sommital du volcan, qui s'est effondré la semaine dernière en formant un gouffre de 300 mètres de profondeur.
Une équipe de scientifiques a pu se rendre pour la première fois dimanche sur place, et témoigne d'une profonde transformation du site qui, avant l'éruption, était un lieu de randonnée très prisé. La situation a été qualifiée d'"apocalyptique", des effondrements continuent à se produite à 30 ou 40 mètres du cratère et les flancs du volcan sont recouverts de 5 à 7 cm de cendres volcaniques. Dimanche 8 avril, une autre équipe ayant eu l'intention d'aller filmer les flots à l'endroit où les coulées de lave brûlante se jettent en mer a fait une étrange découverte. Une très grande quantité de cadavres de poissons flottaient en surface, appartenant à une trentaine d'espèces différentes et pour la plupart inconnues, de couleur pâle, à la physionomie inhabituelle et dont la tête est parfois terminée par un long bec. Selon Patrick Durville, de l'aquarium de Saint-Gilles, qui souligne le caractère exceptionnel de cette découverte, il s'agit d'espèces abyssales que l'on n'observe jamais en surface, et on trouve là des spécimens appartenant à chaque palier de profondeur jusqu'à 1000 mètres.
A l'endroit où la lave se jette dans la mer, la température de l'eau atteint 70°, ce qui peut expliquer la mort de poissons à faible profondeur. Mais comment expliquer cette hécatombe d'espèces abyssales ? Les torrents de lave auraient pu provoquer des éboulements sous-marins de matériaux chauds qui auraient pu tuer ces poissons, mais un tel fait n'a jamais été observé. D'autres hypothèses se basent sur des explosions sous-marines ou des poches de gaz qui se seraient libérées à grande profondeur, voire des coulées sous-marines, mais sans la moindre certitude.
Autre phénomène étrange relevé par Thomas Staudache, directeur de l'Observatoire, de l'eau stagnant sur les coulées de lave en fusion, sans s'évaporer. Alexandre Nercessian explique cette observation par la présence d'un "coussin de vapeur" provoqué par les chutes de pluie sur les coulées très chaudes, qui maintient l'eau en suspension au-dessus de la lave tout en l'isolant. |
|  Emanations de gaz volcanique à la Réunion | 3 Avril 2007 Des émanations de gaz volcanique dues à l'éruption du Piton de la Fournaise ont entraîné mardi 3 avril à Saint-Joseph l'évacuation d'une partie des élèves de trois écoles souffrant de gênes respiratoires. Les services du Samu ont été appelés par trois établissements du centre-ville de Saint-Joseph, commune située à quelques kilomètres du site de l'éruption (sud-est de l'île) pour des élèves connaissant des gênes respiratoires, a indiqué la préfecture.
"Aucun cas grave n'a été détecté mais par prudence 14 élèves ont été évacués vers les hôpitaux de Saint-Joseph et de Saint-Pierre" a-t-on ajouté de même source. Deux appels de particuliers ont été également reçus par le centre 15. Une équipe de l'Office régional de l'air a été dépêchée sur place pour mesurer les concentrations de gaz.
"Eviter toutes les activités physiques et sportives intenses" La préfecture a recommandé à la population de Saint-Philippe et Saint-Joseph "d'éviter toutes les activités physiques et sportives intenses et de ne pas aggraver les effets de cette pollution par la fumée de tabac".
Par ailleurs, des projections de lave refroidie ont été observées dans certaines communes du sud. La préfecture a adressé aux éleveurs une recommandation de prudence, l'ingestion de ces projections, connues sous le nom de "cheveux de Pelée", étant dangereuse pour les animaux.
L'éruption du Piton de la Fournaise, lundi, a provoqué deux coulées de lave qui ont traversé la route nationale numéro 2 entre les communes de Sainte-Rose et de Saint-Philippe avant de se jeter dans la mer. Un troisième bras de coulée s'approche de la route où des centaines de curieux et de touristes se sont rendus pour admirer le spectacle. Des sites d'observation ont été aménagés par l'ONF.
Le Piton de la Fournaise, l'un des volcans les plus actifs L'Observatoire volcanologique de la Réunion a indiqué avoir enregistré dans la matinée de mardi un fort séisme de magnitude 3,2 sous le cône principal du volcan situé à plus de 2600 mètres d'altitude.
Cette "sismicité importante pourrait engendrer un effondrement du cratère", sans représenter toutefois un danger pour la population, le site où il se trouve étant interdit d'accès, a déclaré Zacharie Duputel, sismologue. Il n'a pas non plus exclu une sortie de lave dans le village du Tremblet qui devra alors être évacué comme en 1986. "Mais cette hypothèse n'est pas pour l'heure privilégiée", a-t-il dit.
Le Piton de la Fournaise est l'un des volcans les plus actifs du monde et entre en éruption plusieurs fois par an. |
|
|  | |  | | A propos de mon Blog |  | | Si vous désirez me contacter à propos d'une contribution publiée sur mon Blog ou si vous souhaitez soumettre une contribution pour que je la publie, cliquez sur le bouton ci-dessous : | |
| |  | |  |
 | |  | | Coulées dans le Dolomieu Publié le 22 septembre 2008
|
| |  | |  |
|