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Difficile de parler de victoire finale. Les mots des officiers du SDIS restent choisis. Cette journée du 3 novembre leur a une nouvelle fois donné raison. Trois départs de feux sont venus réalimenter les peurs d'un nouvel embrasement incontrôlé.
9h30, sommet du Maïdo. Sur le parking du belvédère qui plonge vers Mafate, le poste radio fréquence du camion des pompiers annonce un message menaçant : "des flammes de plusieurs mètres de haut sont aperçues dans les rampes du Piton des orangers". Sur place, le peloton du DHI du département du Var gère la nouvelle menace. Ils sont les yeux des pilotes d'Helilagon ou de Corail.
Venu assister aux premières rotations du Dash-8, le caporal Henri Grondin raconte la scène. "A l'annonce de la reprise de flammes dans les pentes du cirque de Mafate, on a quitté le parking d'où l'on regardait passer le Dash pour aller au belvédère". "Impressionnant", le qualificatif revient dans la bouche de tous les témoins. Voilà deux jours que pareille vision n'était plus arrivée. Heureusement qu'en ce matin du jeudi 3 novembre, le Dash rassure son monde.
Mais bizarrement, sur les flammes qui viennent de reprendre, ce sont bien les HBE (hélicoptères bombardiers d'eau) qui armeront leurs bambi bucket, cette poche élastique pouvant contenir 600 litres d'eau. Une configuration qui accrédite la thèse avancée par les officiels sur l'utilisation du Dash improbable sur les foyers en train de se consumer.
La matinée s'achève sur une note satisfaisante. Les remparts, à portée immédiate des hélicoptères - ils peuvent se poser à à peine 1 km du précipice du cirque - restent sous surveillance.
Et le vent donne de nouvelles frayeurs
Dans l'après-midi, le scénario se répète, seule la localité change. Les flammes s'offrent deux nouvelles percées. La première est effrayante. Positionné à deux kilomètres en-dessous du sommet du Maïdo pour y voir passer le bombardier, des flammes s'offrent à notre vue. Faisant au minimum 15 mètres de haut, elles viennent saigner une nouvelle fois Piton Rouge et Trois Bassins. "Le vent de Nord-Ouest s'est levé", confirme le caporal.
Sur cette vision panoramique qui s'offre à nous, regard tourné vers le littoral (direction Trois-Bassins), on peut compter une vingtaine de fumeroles.
Une d'entre elle crache à nouveau un feu de 10 mètres, plus au Nord (au-dessus de la route forestière qui mène vers Tévelave). Trois hélicoptères quittent la base du PC logistique du sommet du Maïdo. Ils mettront 5 minutes à se rendre au-dessus du brasier sur ordre de l'officier aéro, en charge de la coordination des hélicos et du Dash.
Vers 15h30, les flammes ont laissé la place aux panaches de fumée. La comparaison avec un film catastrophe n'est pas loin. L'apocalypse au loin se joue dans un silence redoutable. A nos pieds, de jeunes pousses se remettent de l'incendie de 2010, à quelques encablures de la vigie inutilisée du Maïdo. |
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